Etude barbiale : suite et non fin.

Je croyais avoir mis un terme à ces chimères une fois Kit Harington ayant été élu par moi-même le barbu le plus seyant jamais trouvé par mes soins, mais je m’étais de toute évidence mis le doigt dans l’oeil : j’en ai trouvé un autre. A l’image de Marc-André Grondin, il s’agit d’un québécois avec un bon gros accent incompréhensible, mais un québécois qui a le mérite de jouer dans une série ricaine où ce même accent est indétectable. J’ai nommé : François Arnaud. Plus connu sous le nom de Cesare Borgia.

Popopopopopogosse.

Plaisir coupable

J’ai une sorte d’addiction un peu étrange, mais comme mes horaires de travail me l’ont quasiment toujours permis, j’avoue regarder « des chiffres et des lettres » presque toutes les semaines. Au delà du malaise total dégagé aussi bien par ses présentateurs (qui persistent à se vouvoyer au bout de 15 ans d’émission) que ses candidats (paralysés par le fait de passer à la télévision et de rater à une addition près le calcul qui les mènera à gagner 500e pour 3 victoires), je suis obligée de reconnaître que je me suis peu à peu attachée à ce concept. Ce qui me perturbe le plus, c’est que je ne cherche ni à trouver un mot avec les lettres proposées, ni à tenter d’avoir le bon compte. Je crois que c’est l’ambiance générale et l’étude sociologique que je retire de ma demie heure passée en leur compagnie qui me fascine. Et puis parfois, ce genre de bonus sorti de nulle part :

L’étude barbiale a enfin trouvé son grand vainqueur

Après des années de recherche minutieuse dans la barre de menu située sur votre droite, je crois qu’il est temps de décerner la palme de l’homme qui porte le mieux la barbe parmi nos contemporains : j’ai nommé Jon Snow dit Kit Harington dit le gros bâtard qui n’avait pas encore trempé son biscuit (tout du moins à l’épisode auquel je me suis arrêtée, cette phrase ne me semble pas très bien orchestrée mais vous me comprenez). Pouah.

J’ai testé, surtesté et retesté pour vous

Adepte de la bonne bouffe et des troquets de quartier, j’ai eu tout le loisir de tester dans Bordeaux (oui, j’y vis toujours) foule de restaurants et de lieux de graisse, d’autant plus maintenant que je partage mon quotidien avec un épicurien natif de la cité girondine.

Plutôt que de garder pour moi les bonnes adresses, j’ai pensé qu’il pouvait être sympathique de partager avec vous les lieux où il fait bon se rendre pour se péter le bide :

  • Au top des charts, j’ai nommé : le Black Velvet. Au premier abord un pub qui ne paie pas de mine, ce troquet sans prétention est un véritable temple de la malbouffe. Non seulement on y picole comme des porcs, mais c’était sans compter sur le fait que leurs burgers sont monstrueux. Je ne vous parle pas des frites maisons avec un petit goût venu de je ne sais où, ce serait vous faire trop saliver. Anecdote pour la route : mon compagnon et moi étant de gros lourdots, on demande régulièrement à enlever la salade et à se faire rajouter plus de frites. Un jour, le cuistot a malencontreusement négligé notre demande. On ne l’a pas fait remarquer au serveur mais lui s’en est rendu compte. Au moment de l’addition il nous a offert les bières. Ultra commerçant, on reviendra.

Le Black Velvet, 9 Rue du Chai des Farines

  • Dans la même rue mais dans un tout autre registre, nous voici maintenant dans ce bar à vin étrangement nommé Le Petit Bois. Ce lieu est indéfinissable de par son absurdité. Réticente à l’idée d’aller manger de la charcuterie et de voir pousser sur mon faciès d’ignobles chtars, j’ai mis plusieurs mois à accepter l’invitation. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’y mettais enfin les pieds. Il s’agit ici d’une espèce de repère de hipsters, dans un décor mi baroque mi brocante, on se calle dans d’énormes fauteuils ou canapés, on choisit une bonne bouteille (seul bémol, c’est vraiment pas donné) et on déguste de gargantuesque tartines à la crème de foie gras. La musique est une minutieuse  sélection de tout ce que j’aime (Minitel Rose, Calvin Harris et j’en passe), les serveurs sont jeunes et stylés et de surcroît très aimables. Et enfin on conclut, un peu ivre, sur une note orgasmique : le crumble poire-chocolat-poudre de spéculos. A tomber par terre.

Le Petit Bois, 18 rue du Chai des Farines

  • Ensuite pour le côté plus latin, (rappelons que Bordeaux se situe « près » de l’Espagne), j’ai découvert grâce à Cityvox un fabuleux et typique bar à tapas dans le quartier de Saint Michel : Meson la Venta. Une ambiance très chaleureuse et un côté familial, les tapas sont merveilleux. Le choix est très divers, c’est servi rapidement, il y a une terrasse qui donne sur l’église. Les prix sont loin d’être excessifs, on sort repus et ravis d’avoir eu la sensation de franchir la frontière.

Meson la Venta, 17 place Meynard

  • Pour donner dans l’incontournable voire le cliché, il est impensable de passer par Bordeaux sans tester le Santosha. C’est une espèce de restaurant qui prétend servir des plats à tendance asiatique, dans un cadre ultra stylé et qui donne (à mon sens) sur la plus agréable place de toute la ville. Je n’y ai goûté que les soupes mais elles sont à tomber par terre. L’odeur qui émane des cuisines est fantastique et les serveurs sont plutôt charmants, notamment ce bel homme de couleur nommé Daniel. Il est par contre impossible de s’entendre si vous choisissez de rester à l’intérieur.

Le Santosha, 2 place Fernand Lafargue

  • Pour continuer sur la même place et toujours du côté de la gastronomie asiatique, je vous propose Asia Food. C’est petit et on a l’impression de manger à même la rue si on choisit de déguster sur place, mais les bo bun sont relativement bons et pareillement au Santosha, l’odeur dégagée est incroyable. Les tarifs sont raisonnables.

Asia Food, 6 Rue Saint James

  • Niveau restau qui payent pas de mine et où j’aurais jamais mis les pieds si j’étais pas allée habiter la porte à côté, j’ai nommé Le San Remo. C’est une pizzeria tout ce qu’il y a de plus banale (sauf si tout comme moi vous pourriez dégommer une pizza tous les jours) mais le personnel est fort sympathique (mention toute particulière pour le jeune serveur à qui j’aurais bien fait une petite bise histoire de), les pizzas sont peu chères, la pâte est très bonne (pas de la croûte dégueu ou de la pâte fine croustillante) et ils sont excessivement généreux sur la garniture. J’aime bien le cadre de la terrasse même si ça reste entre la Victoire et Sainte Catherine.

Le San Remo, 39 Rue des Augustins

  • Pour revenir sur les pubs, passons maintenant à l’Oxford Arms. Quasiment invisible si on n’y fait pas attention, ce pub, le seul situé dans le quartier Saint Seurin, est tout à fait charmant, de par le côté cosy de sa déco et de par l’amabilité de ses serveuses. Adorant les fish & chips, j’ai été ravie de goûter le leur. Leurs burgers sont moins appétissants qu’au Black Velvet mais ils restent tout de même de bonne qualité et on n’en sort pas mécontents. Notamment quand la tenancière offre une tournée de shots.

Oxford Arms, 9 place des Martyrs de la Résistance

Et je finirai plus tard car la liste est longue.

Love like a sunset

Je dois le confesser, l’extérioriser, le crier à qui voudra bien l’entendre : je suis allée voir Somewhere, le dernier film de Sofia Coppola, deux fois en l’espace d’une semaine. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Au premier visionnage, bien qu’impressionnée par la totale vacuité dont émane ce film (et dont Soso nous avait déjà initiée lors de Lost in Translation), j’ai été perturbée.

Le protagoniste a du malgré lui m’émouvoir, son charme étrange, ses tatouages, ses endormissements pendant le coït,  son existence frôlant le pathétique, sa fibre paternelle à remettre en question, tout ça a trotté en moi durant l’espace qui a séparé mes deux séances. C’était sans compter sur sa fille, ce personnage étrange qui du haut de ses 11 ans en sait et en voit un peu trop, sa nonchalance, ses sourires étranges et ses capacités émouvantes à faire la cuisine. Et sur ces jumelles  blondes et doucereuses qui font de la pole dance et qui remettent ma sexualité en question.

Bercée par la bande originale signée par Phoenix (meilleur groupe au monde, je vous le répète depuis des années), je ne pouvais plus résister. En le regardant pour la seconde fois, alors que les gens autour de moi le découvraient, j’en venais à me demander pourquoi j’y étais retournée.  Pourquoi je me satisfaisais du vide. Oui, car ce film est l’illustration même de l’emmerdement. Coppola aurait du venir à Bordeaux, on aurait fait le même chef d’oeuvre avec un budget plus restreint, et on aurait remplacé la Ferrari de Johnny Marco par un V’Cub, et je vous aurais moi aussi vendu du rêve. Mais là n’est pas la question.

L’engouement qu’a suscité en moi cet ovni malmené par la critique m’inquiète. Suis-je devenue une bobo avec des goûts de chiottes ? Ce film me heurte-t-il car je ne sais pas quel sens donner à ma vie ? (je deviens lyrique, cessons voulez-vous). Suis-je sensible aux choses qui n’en valent pas la peine ? Tant d’interrogations pour un simple film qui passera bientôt inaperçu. Il me faut l’avis d’autres spectateurs, je vous en conjure.

Wake up, it’s a beautiful morning

Ecouté 53 fois en deux jours, pas une fausse note, clip qui laisse rêveur, son addictif, mecs qui ont l’air sympa et qui te donnent envie d’avoir une maison sur la west coast te permettant de regarder tes enfants surfer pendant que ton mec entrepose ses boards dans le salon (oui j’ai nourri des fantasmes de skate et de surf depuis que je suis néo bordelaise, que voulez-vous) tout en salissant le parquet avec ses vans. Bon après, pour ma part j’arrive pas à trouver le rôle que j’aurais dans l’histoire. Mais ça suffit à mon bonheur, cette potentielle vie clichée sur la côte basque ou landaise.

Je vomis à foison

En opposition à l’article ci-dessous, il faut absolument que je donne mes impressions concernant le film le plus dégueulasse qu’il m’ait été donné de voir jusqu’à aujourd’hui. En effet et j’ignore encore ce qui m’a pris, je suis allée voir le film « Vénus Noire ». Sans doute avide de découverte et comblée par l’ennui, vous constaterez que ma liste de « derniers films vus en date » s’est incroyablement allongée depuis quelques temps. C’est probablement du au fait que j’habite à 7 minutes montre en main de « l’UGC Ciné Cité Bordeaux » (c’est important de le préciser, je n’ai jamais connu quelque chose d’aussi excitant) et que je veux rentabiliser au maximum ma carte UGC (maintenant que j’ai tout le temps nécessaire pour le faire).

Je vais donc quasiment tout voir, je veux mourir ivre du 7ème art, comblée par tout ce qu’il aura su m’offrir.

Et là, STUPEUR, sang qui ne fait qu’un tour, mine effarée face à la Vénus Noire. J’y suis allée sans aprioris, sans même savoir de quoi retournait le film. Et sans le savoir, j’allais m’infliger quasiment trois heures de supplice.

Non pas que je sois quelqu’un de spécialement prude mais trop, c’en était trop. En bref : on nous raconte l’histoire visiblement vraie d’une femme africaine, appelée Vénus Hottentote, au 19e siècle. Comme vous le savez, ou non, en 1800, on considérait que nous autres chers européens et blancs étions la race supérieure et qu’il existait des sous hommes, les noirs. De ce fait, cette pauvre femme était traitée comme une bête de foire, rapport à sa couleur. Malmenée par ces divers maîtres, on la suit tout au long de son parcours de femme-objet qui peut subir tous les sévices possibles sous prétexte qu’elle est de la race inférieure. C’est long, affreux, répugnant, pervers, cru, gênant. Elle passe de la foire au bordel en ne négligeant pas les clubs échangistes de l’époque (hum une femme la chevauche en lui tripotant sa poitrinade, comme c’est élégant), godemiché à l’appui. Et c’est sans vous parler de la particularité qui incombe à la fouf’ de cette damoiselle. Moult individus ont quitté la salle en criant au scandale, je me suis tâtée moi aussi car je ne voulais point pervertir mon esprit trop sain mais je me suis dit qu’il y avait forcément une chute à cette horrible histoire que cet étrange réalisateur qu’est Abdellatif Kechiche nous imposait (je m’étais déjà imposée l’Esquive lorsque j’étais en seconde et lorsque mon prof de français, criant au génie, nous avait tous emmenés le voir, et que pour ma part, j’avais crié à la daube). Bref, il y a une chute moralisatrice au possible, on veut nous faire clairement culpabiliser alors que merde, moi j’y suis pour rien si cette pauvre femme a enduré toutes ces saloperies.

Je suis sortie avec un fond de gerbe dans la gorge, me délectant des individus qui sortaient en même temps que moi et qui discutaient entre eux : « non mais c’est pas possible, non mais une connerie pareille, vraiment ».

Libre à vous donc, d’aller vous délecter de cette horreur. Pour ma part j’essaie de l’expier jusqu’à épuisement.