
Lundi 19 octobre au soir, Zenith de Paris, premier rang, en train de pleurer face à eux, il y aura moi.
Je pense qu’il est temps que je cesse de tourner autour du pot et que j’en vienne aux faits : malgré toutes mes démarches, j’habite toujours chez ma maman, et nous nous menons toujours réciproquement la vie dure.
Mon plan pseudo idyllique n’a pas marché, j’en ignore les raisons, j’ai rencontré l’ex femme du père en question, qui avait un appart’ encore plus batardesque que son ancien concubin, qui était encore plus gentille et de surcroît belle. Tout c’est très bien passé, j’étais convaincue du feeling qu’il y avait entre nous et pourtant, un dimanche soir, après avoir passé une semaine sans nouvelle d’aucun des deux parents, j’ai reçu ce message qui aurait pu me faire tuer quelqu’un :
Margaux
Nous venons d’opté pour une autre candidate
Au risque de rajouter à la déception, nous avons hésité entre elle et vous jusqu’à hier
Nous sommes d’autant plus désolés que tout le monde vous avait trouvée très bien
On garde vos coordonnées pour peut-être un peu plus tard chez nous, et pour vous “recommander” à nos amis
V* et moi vous souhaitons de trouver rapidement un logement et de réussir dans vos études
Bien cordialement
C*
Je me demande toujours pourquoi, dans un message de refus, on utilise “nous sommes d’autant plus désolés que tout le monde vous avait trouvée très bien” ? Cette phrase me fait péter un câble, je me dis “dans ce cas, pourquoi tu m’as pas pris connardo ?” Je ne leur ai jamais réécrit pour avoir plus de détail, j’étais trop vexée et trop écœurée par le fait que je venais de voir tous mes rêves d’indépendance et de petite vie parisienne s’envoler en fumée.
De ce fait je lance un message tel un SOS : si vous avez une mamie, de la famille, une connaissance qui possède une chambre de bonne au dernier étage d’un immeuble pas trop horrible dans Paris et qui ne me demandera pas plus de 300e par mois et aucune garantie car je n’en ai pas (je suis boursière, je suis pauvre, personne ne peut m’aider, en revanche j’ai le même travail depuis un an et demi), alors n’hésitez plus, faites appel à moi. Non, je ne veux pas faire de colocation, je suis quelqu’un de très solitaire qui aime à se retrouver seul et dans le calme (et qui écoute sa musique très fort), je n’ai pas envie de me barrer de chez moi pour quitter une personne et me retrouver à devoir en supporter d’autres (au moins c’est clair).
A presque 21 ans, je ne supporte plus les inépuisables “range ta chambre, fais ton lit, t’as pas fait ta vaisselle, si t’es pas contente tu te casses, t’as laissé des cheveux dans le lavabo”. Ma mère est très gentille, elle fait tout pour moi et je lui en suis très reconnaissante (en plus elle lit ce blog) mais ça ne me dérangerait pas d’apprendre la vie et de vivre dans des vêtements non repassés. Et de surcroît de ne plus habiter en banlieue, car même si elle est très proche de notre fantastique capitale, je ne la supporte plus, les gens sont laids, méchants, aigris, violents, mal élevés, sales et je me sens agressée par tous les regards que posent sur moi des hommes laids et étranges que seules les banlieues connaissent. Oui, la banlieue (et notamment mon 9-3 non natal et imposé) c’est sale.
Pour prendre pleinement conscience de ce fait, je vous invite à prendre le RER E. Vous vous assoirez dans le sens de marche du train et regarderez sur la droite. Le trajet du train qui traverse Paris est beau, il donne envie, et dès que le RER passe sous le périphérique et entre dans Pantin, tout est laid, triste, et les gens ne sont plus les mêmes. Ça fait bientôt 3 ans que j’emprunte ce chemin et il me rend folle.
Je suis prête à habiter dans une cage à lapin pour ne plus jamais voir ça.
Trêve de plainte, passons à des sujets moins douloureux. Mais douloureux quand même.
J’ai repris la fac. L’enseignement a beau avoir changé d’endroit (3e année oblige, St Germain nous voilà), je hais ce que j’étudie. Plus le temps passe plus je prends conscience de l’inutilité des savoirs qui me sont inculqués, certes je me suis beaucoup enrichie sur le plan de mes connaissances personnelles (je fais de la linguistique pour ceux qui ne le sauraient pas encore) mais jamais je ne trouverai d’emploi avec une licence aussi bousive et méconnue du grand public. La plupart des cours sont une torture que je m’inflige pour pouvoir inscrire un diplôme sur mon CV. Le plus déconcertant est la permanente impression que tous les badauds qui font partie de ma promo sont plus que passionnés par cet enseignement et comprennent tout. Au milieu d’eux, j’ai l’impression d’être une espèce d’erreur de casting qui ne fout rien et qui malgré tout a eu toutes ses années sans jamais devoir aller à aucun rattrapage. Je ne comprends pas ce que je fais là.
M’asseoir et écouter est devenu trop intense pour mes pauvres capacités, je sais que je perds mon temps, j’ai cette permanente idée en tête que je pourrais être utile au sein une entreprise, m’investir dans quelque chose et gagner de l’argent (oui, c’est déjà une idée fixe) et paradoxalement je me dis que je dois finir cette licence puisque je l’ai commencée. Et que d’autre part je n’ai aucune idée du métier que je pourrais exercer. Je suis perdue, merci les études, merci la fac.
Pour finir sur une note intense et joviale, je me dois de vous montrer ce que j’ai fait il y a une semaine sur un coup de tête. Coup de tête qui trottait quand même dans mon esprit depuis plusieurs mois :

Moi j'aime le cul.
TADAAAA. Question qui vous vient spontanément à l’esprit : “Ca fait maaal ?”. Réponse : OUI ! J’ai eu l’impression qu’il m’enfonçait des couteaux dans le bras et qu’il grattait sur ma peau avec son aiguille (ah pardon ça ce n’est pas une impression). D’autant plus pour la lettre Q qui est pleine de fioritures et pour laquelle il a du tourner et virer. Mais 30 minutes de torture ce n’est rien pour quelque chose qui restera à vie sur votre peau.
En parlant de ça, ce qui est assez drôle voire dramatique, c’est que j’allais chez le tatoueur avec une idée presque fixe, et que ce que j’ai sur le bras ne ressemble absolument pas à mon idée de base. Je voulais des lettres accrochées, mêlées (oui ce sont les lettres de ma fratrie, oui j’ai mis ma lettre en premier, c’est mal mais si j’avais fait dans l’ordre de naissance j’aurais eu JMQ sur le bras toute ma vie et ça n’aurait pas été facile tous les jours) et une police absurde et finalement j’en sors avec une police commune qui est en tête sur DAFONT.COM et des lettres éloignées à mort.
J’étais tellement excitée de le faire et je le voulais tellement que je me suis laissée influencer à mort par l’homme qui m’a marqué à l’aiguille. Tant pis va, je l’aime quand même.
Et ne me demandez pas si j’aime à ce point mes frères, la réponse est dans la question. Mais comme dit ma mauvaise langue (mais néanmoins réaliste) de frère, “tu voulais tellement te faire tatouer que c’est pas ce que ça représente qui importait, mais surtout le fait d’être tatouée”. Oui bon ok, un peu.
Voilà, vous savez tout.
;
:
:
:
Je conclurai donc sur une leçon de vie :
- WORST METHODE DE DRAGUE EVER :
Mise en situation : dans un bar, très tard, je suis ivre, je vois trouble, mais néanmoins je peux toujours entendre et comprendre ce qu’on me dit. Un homme (dans le même état que moi) vient me voir, et sans hésitation aucune, me dit : “je fais de la vidéo, tu as un très beau visage (doigt sur le nez), oui vraiment tu as un très beau visage”. Si j’avais été sobre je lui aurai répondu “tu pues de la gueule à mort et tu es laid”, mais ma seule possibilité de réponse fut “tu es ivre, ne dis pas de connerie”. Non, on ne m’amadouera pas avec des vidéos. Décidément je sais pas ce qu’ils ont tous avec leurs clips et leurs machins mais c’est une maladie (C.F HERE).
Bon et puisque ma petite histoire est à chier (je m’en rends compte maintenant que je l’ai écrite), je vous propose deux notes musicales fabuleuses :
Mayer Hawthorne – Maybe so, maybe no (tout l’album est à écouter, je ne vous le propose pas, je vous l’impose)
Calvin Harris – Colours (pourquoi j’ai mis autant de temps à me familiariser à lui, je l’ignore toujours, c’est un génie)
A la revoyure les loulous.