Love like a sunset

17 jan

Je dois le confesser, l’extérioriser, le crier à qui voudra bien l’entendre : je suis allée voir Somewhere, le dernier film de Sofia Coppola, deux fois en l’espace d’une semaine. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Au premier visionnage, bien qu’impressionnée par la totale vacuité dont émane ce film (et dont Soso nous avait déjà initiée lors de Lost in Translation), j’ai été perturbée.

Le protagoniste a du malgré lui m’émouvoir, son charme étrange, ses tatouages, ses endormissements pendant le coït,  son existence frôlant le pathétique, sa fibre paternelle à remettre en question, tout ça a trotté en moi durant l’espace qui a séparé mes deux séances. C’était sans compter sur sa fille, ce personnage étrange qui du haut de ses 11 ans en sait et en voit un peu trop, sa nonchalance, ses sourires étranges et ses capacités émouvantes à faire la cuisine. Et sur ces jumelles  blondes et doucereuses qui font de la pole dance et qui remettent ma sexualité en question.

Bercée par la bande originale signée par Phoenix (meilleur groupe au monde, je vous le répète depuis des années), je ne pouvais plus résister. En le regardant pour la seconde fois, alors que les gens autour de moi le découvraient, j’en venais à me demander pourquoi j’y étais retournée.  Pourquoi je me satisfaisais du vide. Oui, car ce film est l’illustration même de l’emmerdement. Coppola aurait du venir à Bordeaux, on aurait fait le même chef d’oeuvre avec un budget plus restreint, et on aurait remplacé la Ferrari de Johnny Marco par un V’Cub, et je vous aurais moi aussi vendu du rêve. Mais là n’est pas la question.

L’engouement qu’a suscité en moi cet ovni malmené par la critique m’inquiète. Suis-je devenue une bobo avec des goûts de chiottes ? Ce film me heurte-t-il car je ne sais pas quel sens donner à ma vie ? (je deviens lyrique, cessons voulez-vous). Suis-je sensible aux choses qui n’en valent pas la peine ? Tant d’interrogations pour un simple film qui passera bientôt inaperçu. Il me faut l’avis d’autres spectateurs, je vous en conjure.

9 réponses à “Love like a sunset”

  1. Zyk 17 janvier, 11 à 1:05 #

    La dernière vidéo ne fonctionne pas sur la page !
    Sinon, la vacuité du film m’a tout autant intriguée, voire énervée ; je suis quand même ressorti de la salle avec une très bonne impression, et si j’avais du temps à tuer, je serais bien allé le voir une 2ème fois pour me faire une meilleure idée et déguster la photo, et la bande son de nouveau.

  2. François N. 17 janvier, 11 à 1:40 #

    Les films qui passent inaperçus sont souvent les meilleurs. Si en plus Phoenix est aux platines (clin d’oeil à peine visible et pas lourd du tout), alors c’est sûrement un chef d’oeuvre ;)

  3. Lullaby 17 janvier, 11 à 1:41 #

    Cet article résume EXACTEMENT mon avis :

    http://www.chronicart.com/cinema/chronique.php?id=11953

  4. Nath 17 janvier, 11 à 7:36 #

    je dois absolument voir ce film

  5. Alex_Turner 17 janvier, 11 à 19:23 #

    Au début, en voyant ce que les gens en disaient sur Sens Critique, j’ai eu très peur, et puis au final j’y suis allé et j’ai beaucoup aimé aussi. Et pour revenir sur la bande son, j’ai aussi bien aimé la chanson des Strokes qu’a servi de musique pour la bande annonce (I’ll Try Anything Once).

  6. Klervi 17 janvier, 11 à 20:08 #

    Tu connais mon avis.
    Je pense donc que tu es masochiste. :)

  7. Mia 19 janvier, 11 à 18:05 #

    J’ai vu ce film et il m’a laissé perplexe…

    En effet, Sofia Coppola arrive parfaitement à nous emmerder avec Stephen Dorff, on vit comme lui. De plus, comme toujours elle pense parfaitement ses films avec cette voiture qui dès le premier plan séquence tourne en rond sur un circuit et qui en image de fin se destine à tracer une route, droite. Preuve de la prise de conscience (maturité?) ou encore changement de cap de l’acteur. Il y a aussi un côté burlesque avec le rapport que l’acteur a avec sa sexualité.

    Pour ce qui est de Elle Fanning, je dis OUI !
    Parfaitement parfaite.
    Elle apporte un tournant dans le film (qui est presque muet avant son apparition) et aide inconsciemment son père à changer radicalement.

    Le château où séjourne la star est comme un troisième personnage car très symbolique.

    Bref, ce n’est pas son plus grand chef d’oeuvre, mais certaines critiques sont acceptées, comme certaines trop exagérées !

  8. Vadim 13 avril, 11 à 22:43 #

    Less than zero et puis c’est tout.

  9. Guilhem 28 décembre, 11 à 17:13 #

    Cf Télérama: “Un grand vide pour faire le plein de cinéma.” Tout simplement.

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