Je sais à quel point, à la lecture de l’article situé à votre dessous, vous vous impatientiez de connaître le résultat de mon expérience.
Et bien comme il était à prévoir, ce fut tout simplement : abominable.
Trêve de saliverie, je ne vais pas non plus tout vous raconter dans le détail car ça prendrait des heures mais je vais rentrer dans les faits marquants de la journée (qui furent rares, certes, mais intenses… ou pas).
Nous nommerons donc ma nouvelle étude (oui car nous pouvons considérer que s’en est une) : VIS MA VIE d’hôtesse d’accueil.
Lieu : Hippodrome d’Auteuil, Paris.
Contexte : dès 10H, un dimanche matin.
Tenue : celui de la photo du dessous + collants couleur chair (très beaux sur des jambes bousillées par un toc de poils incarnés) + escarpins dotés d’une hauteur à peu près équivalente à une 7aine de centimètres + queue de cheval et frange laquée + air de coinsos et sourire faussement souriant de rigueur.
J’arrive, il fait moche et froid, ça commence bien. Comme je suis dôtée d’une intelligence non supérieure, il s’avère que j’attendais bien sûr au mauvais endroit. Par chance (hum, tout est relatif) une “ancienne” m’aperçoit et vient me tirer de ma torpeur en me conduisant au QG. Découverte de mes “comparses” habillées et coiffées bien évidemment comme moi, Ô des clônes comme c’est beau, à la différence que moi, dans ce costume de merde, j’ai l’air très con, tandis que ces grosses godiches dont la conversation se limite à leur mec et aux différents voyages qu’elles vont réaliser ainsi qu’à leur école de stylisme (putain mais si t’es une grosse prouprout bourge qu’est ce que tu fous là) donnent l’impression qu’elles sont nées avec leur costume cousu à elles.
Première impression très agréable en somme. Et première bonne nouvelle pour couronner le tout : ah non mademoiselle, on ne fait pas de pause de la journée, la pause on la fait en arrivant, il est 10h15, tu t’es levée y’a 2h, et bien ma grande tu vas aller déjeuner au self de l’hippo.
Mhhhh du poulet et des pommes de terre dès le matin, de quoi revigorer un homme à l’agonie. Soudain, étrange sensation d’être retournée en 6eme quand tu n’as pas d’amis et que tu te forces à manger à une table à la cantine avec des gens que tu n’aimes pas et à qui tu ne vas pas parler si ce n’est de banalités banales.
Maman vient me chercher-qu’est ce que je fous là-j’ai même pas besoin d’argent finalement-je veux m’en aller.
Mais comme le veut la tradition, je ne m’en irai pas.
Soudain le chef hôtesse (ou du moins un mec qui nous donne des ordres) vient nous chercher pour nous emmener sur le LIEU TANT ATTENDU (il est à noter qu’à ce moment là je ne sais toujours pas en quoi consiste mon travail et c’est le cas pour toutes les coconnes qui m’entourent).
Soudain, grande annonce : “vous serez chargées d’accueillir et d’accompagner les “peoples” (mot pathétique) jusqu’à leur brunch”.
Ah tiens ma chiasse est de retour, elle me manquait. Sauf que je vais devoir serrer les fesses parce que pour faire caca ça va être plutôt compliqué.
On nous emmène DONC au resto des “PEOPLES”, on nous montre le vestiaire qu’on devra gérer etc etc je vous passe plein de détails non croustillants puis c’est alors que j’apprends que je serai chargée d’attendre les VIP dehors dans une espèce de petite bicoque où ils seront déposés en voiture (avec chauffeur) et de les conduire à leur table. Il est à mentionner que j’ai des talons (que je n’en porte jamais) et que le chemin consiste à traverser une sorte de piste, monter un escalier, tenir la porte, prendre l’ascenseur avec ces messieurs dames, le tout avec le sourire.
Là j’ai vraiment envie de rentrer.
On me donne la liste des invités. Cool, que des gros has been, on va se marrer. Illustration express des individus que j’ai eu la chance de croiser (et avec qui j’ai même pu parler, WOH LA CHANCEEEEEEEUH (enfin tout est relatif n’est ce pas)) :

1. Lio, oui mais pas comme sur la photo. Cheveux blancs (du moins les racines), pas maquillée, lunettes vertes à verre fumés verts, bottes rouges en cuir avec des ailes d’aigle. Magique. Et avec ses 5 mômes.
2. Une oubliée qui présentait le journal de France 2. Des cernes énormes, bref aucun intérêt à ce que je vous en parle.
3. Cette chère Sandrine Quétier avec ses gosses et ses parents. Émouvant. C’est moi qui ait été chargée de faire le chemin avec elle. Bien sûr comme on sait tous qu’elle a l’air sympa, et bien elle n’a pas manqué à sa réputation et m’a demandé si je n’avais pas froid, comment ça allait, et gniagniagnia.
4. Une magnifique femme avec des yeux incroyables que l’on nomme Delphine Chanéac et qui a joué dans une série de merde sur M6. Encore une fois c’est moi qui ait eu l’immense honneur de l’accompagner et j’ai eu droit à “vous faites partie d’une agence d’hôtesse ?” Bah non voyons je viens me geler les miches le dimanche sur un hippodrôme pour mon bon plaisir, ça va de soi. Son mec est très moche et très beauf, il m’a fait part de son bonheur quand il a vu des ballons accrochés dans le resto. 4 fois il m’a dit “hey y’a des ballons, y’a des balloooooooooooons”. Hum.
5. L’homme poivre et sel le plus magnifique de France, amant et petit ami de Clara Sheller dans la saison 2, celui qui se fait péter le boul’ (permettez moi l’expression) par le gay de service, bref un homme comme on les aime. Quand je l’ai vu arriver je n’ai eu d’yeux que pour ses dent et ses yeux bleus et ça m’a suffit pour tomber sous le charme malgré ses sans doute 15 à 20 années de plus que moi. Malheureusement ce n’est pas moi qui ait eu la chance de l’escorter, et le pot de fleur qui y a eu droit est revenu toute fofolle “oh il est trop beau il est trop drole ses enfants sont magnifiques mais je sais pas qui c’est”. TOOOOH.
6. Une pure de chez pure “a été”. J’ai nommé Alexandra Kazan, qui, je l’ai appris depuis, bien que je ne regarde pas cette daube, est dans Paris 16 sur M6. Encore une femme moche sans l’aide de l’écran.
7. Alors elle avant même de vous confier son nom je peux vous dire que j’ai une folle envie de la démonter si jamais je venais (ce qui n’arrivera pas) à la recroiser sur mon chemin. J’ai été chargée de l’emmener à sa table (oui on m’a donné différents rôles magnifiquement enrichissants pour la suite de ma carrière). Elle ne m’a pas dit bonjour, ne m’a pas regardée, ne m’a pas adressé quoi que ce soit. Une fois à sa table, elle a préféré ne pas s’asseoir et aller voir ses autres copains has been plutôt que de me remercier. Alexandra Vanderpute, ah non pardon, Vandernoot.
8. Aucune idée de qui c’était, visiblement toutes les culculseuses qui m’entouraient le savaient car elles étaient de grandes adeptes de Paris Première.
Une fois toutes ces simagrées répétées et terminées, un homme armé d’un talkie walkie ainsi que d’une tenue proche de celle d’un chasseur m’a dit “c’est bon on va la mettre là haut celle là”.
Et j’ai passé toute la journée (l’après-midi du moins) seule, derrière un comptoir, à dire bonjour à des gens qui sortaient d’un ascenseur (dans le soit disant restaurant des propriétaires de chevaux).
Je n’avais pas le droit de croiser les bras, je devais me cacher dans la salle de plonge quand je voulais boire un café, je ne pouvais pas m’asseoir sur la chaise derrière le comptoir, j’avais à peine le droit d’aller pisser. Et j’avais mangé à 10h30 du matin. Tout ceci jusqu’à 18h.
J’ai simplement eu l’impression d’avoir perdu ma condition d’être humain durant une journée.
On ne m’y reprendra plus.