
Tiens Paolo qu’est ce que tu fais là ? Parce que, à peu de choses près, tu possèdes la même coupe (et la même gueule en fait).
MON DIEU.
Après une insistance quotidienne via sms me priant de se donner rendez-vous chaque jour que Dieu fait depuis la fameuse soirée, j’ai revu ledit Pacome qui fait le fruit de l’article situé ci-dessous.
Sans un coup dans le nez, sans le noir de la nuit, sans la foule qui danse et le bruit incessant et sans personne pour me dire de partir.
Comme tous les garçons que je rencontre actuellement et d’ailleurs je me demande pourquoi (ils doivent penser que ça fait fantasmer les filles), il m’a donné rendez-vous à Opéra (je n’expliquerai pas de quoi il s’agit aux non parisiens, cherchez sur wikipedia c’est bien expliqué).
Et pas comme tous les garçons que je rencontre actuellement, il m’a trouvée tout de suite alors que j’avais la tronche dans mon Ipod et mon téléphone (quelle vieille meuf) et que je regardais par terre et que je n’étais pas assise dans les marches mais sur une barrière à l’abri des touristes.
“Heu salut”.
Lever de tête et enchantement, il est pas aussi kiffant sans son chapeau et sans alcool dans ma tête mais mon dieu il dégage un truc assez fou ce chenapan.
Je me demande donc intérieurement ce qu’il attend de moi puisqu’il est évident que nous nous sommes rencontrés dans des conditions un peu particulières et que le charme peut ne plus opérer. Etant donné que j’suis une dame un peu cinglée et très peu sûre de moi lorsque je suis sobre, je m’apprêtais à lui faire une bise ou même rien soyons fou mais monsieur n’est pas de cet avis, “bon bah okay tu perds pas le nord tu te crois encore à vendredi soir mon grand, ah non t’es un peu plus timide en fait, ouai bon c’est vrai on est en pleine journée faut calmer nos ardeurs” me dis-je dans mon fort intérieur alors que les lèvres du jeune homme étaient (encore une fois) en contact avec les miennes.
Nous entreprenons donc une petite ballade parmi les badots (je ne sais pas comment ça s’écrit Ô mille pardons) lorsque soudain Pacpac (oui c’est le petit nom de scène que j’ai décidé de lui donner, ça fait penser à Pacman mais c’est pas bien grave) me saisit la main à la manière de Xavier aka Romain Duris avec Neus (oui j’aime identifier ma vie à des films, ici les Poupées Russes en l’occurrence) et alors là je me dis que non ce n’est pas possible qui est cet homme qui se permet une telle prouesse, il y a trop de monde je déteste donner la main aux garçons ça doit être un traumatisme de l’enfance. Bon tant pis il a pas l’air décidé à la lâcher.
Je suis tellement subjuguée par ce qu’il m’arrive qu’évidement je n’ai rien ou presque à dire, oui c’est dur de tout gérer à la fois je ne sais pas vous mais moi je n’y arrive pas.
Nous marchons donc comme deux gros clichés dans les rues de la capitale (quand je pense que j’ai toujours voulu m’adonner à ce plaisir et que maintenant ça devient une habitude, mon dieu mais pourquoi tout me tombe dessus comme ça maintenant ?) et ce brave homme doit sans doute croire que je suis une inculte de la vie et il me présente un à un les endroits “in”, comme on dit, où il faut aller. Bon on va pas le contrarier (j’ai remarqué que vous aimiez tous beaucoup faire ça, mais WHY ?) même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque. (“margaux un peu de tenue il est plus vieux que toi il est beau tu te tais tu ne fais pas ta rabajoie”).
Je prends donc place aux côtés de PACPAC (ahaha) dans un bar et je me mets à écouter la fabuleuse vie de ce type qu’on rêve toutes de rencontrer un jour dans nos vies de bohème. Mais comme Pacpac a trop de tact (contrairement à d’autres) il sait se taire et poser des limites “j’ai envie de te raconter ci et ça mais si ça te soule tu m’arrêtes tout de suite”. Prenez en de la graine car certains d’entre vous sont vraiment soulants à parler tout le temps sans qu’on leur ait rien demandé de tel (et après on dit que les filles ne s’arrêtent jamais, j’dois vraiment pas être une fille).
Alors que j’écoute attentivement le récit des moult voyages de l’éphèbe qui vient de rentrer des States il y a trois semaines (c’est moi qui lui ait demandé bien évidemment)(putain mais c’est frustrant tous ces gens qui font pleins de choses autour de moi alors que de mon côté je n’ai aucune ambition et aucun cran pour partir où que ce soit), j’ai une révélation :
je sais pas toi mais moi, quand j’étais au lycée, j’observais tous les gens qui m’entouraient. Et dans les escaliers au milieu de la cour, il y a toujours eu ce groupe de roots que tout le monde enviait, qui fumaient leurs clopes avec leur guitare et qui représentaient LE cercle fermé où rares étaient les nouveaux venus, remplis de mecs à l’arrache plein de charme devant qui toutes les nanas salivaient (moi y compris).
Et bien ma révélation est la suivante : le roots que toutes les meufs kiffent est en face de moi et me fixe comme il se doit avec ses yeux de Louis Garrel. Oui car j’ai oublié de préciser qu’au jour d’aujourd’hui, mon petit Pacome n’avait pas fait d’effort vestimentaire comme il avait si bien su s’y adonner dredi soir, non là il a sorti son futale Levi’s délavé et sa petite chemise à l’arrache (bah attends on n’est plus au Showcase).
Plus il parle plus je me dis “trop de melting pot dans ma vie en ce moment, je rencontre trop de gens diamétralement opposés dans leurs styles et j’arrive pas à m’y retrouver”. Oui car n’oublions pas l’enculé en slim et trench (et vespa) qui contraste relativement beaucoup avec lui (et qui est toujours de ce monde d’ailleurs).
Pour ajouter à la rootsmania de ce type, v’la t’y pas (oula oubliez ça tout de suite) qu’il se met à me dire qu’il fait du skate, qu’il est musicien, qu’il est super éclectique (mon dieu t’écoutes du métal mais nan t’as pas le droit tu peux pas mélanger métal et électro, dans quel monde vivons nous messieurs dames ?) et patati et patata (nan mais le pire c’est qu’il est trop intéressant je vais pas mentir lui il parle pas dans le vent pour me prouver quelque chose).
Et là, sans transition aucune “sinon t’es déjà allée à Malte ?”. Tu m’as bien regardée grand ? Je ne connais rien de la vie je n’ai rien vu je n’ai rien vécu non j’suis désolée je vais être obligée de répondre par la négative.
Ce mec est trop frustrant il a vu (et fait) trop de choses, je me sens mais comment dire, dénuée de tout intérêt face à des gens comme ça. Qu’est ce que tu veux (et peux) raconter à un mec qui est sans doute bilingue, qui a vu trop de choses, rencontré trop de gens, vécu plein de trucs et qui a une double nationalité. Non moi j’sais pas je me sens merdique à côté (madame fait des complexes, il était temps, se dirent ils).
Je vous épargnerai donc la suite de la conversation qui ne vous regarde pas mais je vous offre juste un moment de bonheur intense : “oui sinon cet été j’ai postulé pour taffer à Londres, j’adore cette ville, j’y ai passé 5 mois pour finir mes études l’année dernière [...] et bien évidemment si j’y vais tu pourras me rejoindre”.
PARDON ? Ai-je bien entendu ce que j’ai entendu ? On se connaît ni d’Eve ni d’Adam je tiens à le repréciser. Bon et là je me dis “c’est pas possible je l’ai trop dans la poche ce mec, qu’est ce que j’ai fait pour ça, non mais j’suis pas ta copine enfin pas que je sache pourquoi me dis tu CAAAAAA”.
J’suis supra bonne ça doit jouer un peu. OU PAS (non je n’ai pas chopé la pastèque).
Bon et la suite se passe de commentaire, j’ai du retrouver la dure réalité de ma vie et aller compter des codes barres dans une pharmacie en le laissant seul lui et ses lèvres de roots (punaise un roots c’est la première fois que ça m’arrive).
La conclusion est juste la suivante : quand je le regarde je me dis que c’est le genre de mec (tout comme Jules de la NS dans des temps reculés) que tes parents adoreraient que tu ramènes à la maison tellement il est sain d’esprit et qu’il dégage des ondes positives. On l’appellera donc le gendre idéal.
Sauf que j’aime les enculés et que je ne cherche pas un mec à présenter à la smala.
Je suis une merde.
Mais néanmoins il m’obsède donc qu’en déduire ? L’avenir nous le dira.
P.S : songer à cesser de raconter ma vie dans les moindres détails, c’est devenu pathologique j’en ressens tout le temps le besoin. Il se passe trop de choses, j’avais rien demandé moi.