Ou comment je me suis (encore) faite avoir comme une blue. 15 mai, 08
Comme chacun le sait, (ou va le savoir dans la seconde à suivre) je travaille (oui parce que je poursuis en parallèle mon premier amour, à savoir le babysitting) à Denfert-Rochereau (Paris, XIVe), quartier ultra fréquenté car réputé classe, bobo, avec des petites rues piétonnes bien clichées avec des commerçants qui gueulent devant leur étal (je vous conseille la rue Daguerre si vous ne savez pas quoi faire) et avec une gare d’envergure relativement conséquente.
Profitant de ce fort passage, les recruteurs de donateurs s’en donnent à cœur joie et il n’arrive pas une seule journée où le sidaction, reporters sans frontières et autres petits malheureux viennent m’accoster en me suppliant de leur accorder deux minutes de mon précieux temps pour écouter leur baratin. J’arrive souvent à y échapper en prétextant que j’suis très pressée, que j’ai de l’huile sur le feu ou encore une petite fille qui m’attend à la sortie de son école ou bien encore je zigzague entre les gens en prenant une mine de fille très contrariée ou en pleine réflexion pour faire comprendre que je ne suis pas d’humeur à ce qu’on vienne m’emmerder (disons le clairement).
Aujourd’hui, j’avais réussi à y échapper à l’aller (je m’étais pourtant faite arrêter deux fois) mais en repartant vers mon chez moi (bien plus tôt que d’habitude car la grève aidant, la grand mère des petits monstres avaient décidé de venir passer la soirée avec eux), le plus moche de tous les mecs d’ “action contre la faim” m’attrape carrément le bras.
Ca commençait déjà bien, puisque bien évidemment, étonnée par tant de sansgénisme, je me suis vue lui dire “hey ho on se calme c’est pas la peine de me toucher”. Je le prends à son propre jeu en lui citant à l’avance le discours tout pourri habituel qu’il va me faire et lui, toujours pris dans son engrenage de commission à ajouter à son fixe, rajoute à son discours quelques éléments non négligeables que je vais me faire un plaisir de vous citer :
il s’avère que dernièrement j’ai investi dans un magnifique cœur bleu qui pendouille au milieu de mes (semblant de) boobs et que tout le monde l’adore et veut me le piquer, il en a donc profité pour l’attraper entre ses mains sales et m’a dit “mais toi je le sais, t’es pleine d’amour, tu dégages l’amour”. Forcément il fallait que je saisisse ce moment pour lui répondre “non je suis pleine de haine, je déteste tout le monde, je suis une véritable rate et j’ai spécialement envie de faire une bonne action”.
Malheureusement, il a continué (inébranlable) et il m’a tellement saoulée que je n’ai pas eu le temps de dire “ouf” qu’il avait déjà son carnet d’inscription et de remplissage de RIB dans ses mains.
“Mais Margaux tu sais que tu vas contribuer à la construction de puits dans le tiers monde, des enfants vont manger à leur faim grâce à toi”. Mon cul ouai “je vais surtout contribuer à financer ton SMIC”. “oh mais didon t’as beaucoup de caractère pour une fille qui est née en 1989″ “ouah il est où le rapport, je devrais me taire jusqu’à mes 25 ans ?” “hey c’est bientôt ton anniversaire, pour la peine action contre la faim t’offre un chipendale en ce jour de fête” et blablabla et blablabla ils s’y sont même mis à deux pendant un moment, c’est dire à quel point la machine est bien rodée.
Etant donnée que je n’avais pas de RIB sur moi, il me dit “bon je te rappelle ce soir vers 21h00, ça te va”. Réponse “nooooooon y’a la Nouvelle Star, Benjamin Benjamin” (ce mec est devenu mon leitmotiv, je ne me contrôle même plus, je me suis surprise à crier ça sans le vouloir). Et il recommence son mec sympa avec son sourire moche et ses yeux globuleux “oh c’est pas possible ça vous aimez toutes, ça fait 4 filles aujourd’hui qui me disent ça”.
Je suis désolée c’est mon dada tu vas pas me faire chier pendant que j’suis en train d’admirer le plus chatoyant des hommes que cette émission aie jamais possédé. “bon 19h30 ça te va”. Oui oui, note 19h30. A 19h30 pile mon téléphone sonnait, manque de bol j’étais pas encore @ home et il n’a pas oublié de me rappeler un quart d’heure plus tard pour me souler et me souhaiter “une bonne star ac“.
Même pas foutu de se souvenir du nom ce c*n. Pour conclure, oui je suis devenue donatrice chez action contre la fin alors que, je suis désolée, mais ce combat ne me touche pas et que j’aurais préféré le faire pour le sidaction. On peut rien décider correctement dans cette vie.
P.S : phrase de conclusion du jeune homme en question, qui sera parfaite pour clôturer cet article => “si jamais tu gagnes au loto ou que tu augmentes tes gains mensuels, n’oublie pas de joindre le numéro mentionné sur ta feuille d’inscription afin d’augmenter les dons que tu fais”. CREVE.

































